France

Chartreuse de la Verne : un monastère vivant à 700 mètres du parking, dans le massif des Maures

Par Claire Mercier · 4 septembre 2026
L’essentiel

La Verne n’est pas une ruine ouverte au public : une communauté monastique de Bethléem y vit, ce qui impose silence et zones réservées. Le site se mérite — accès par la forêt du massif des Maures, près de Collobrières, puis environ 700 mètres à pied depuis le parking. Prévoyez de bonnes chaussures, vérifiez les horaires et gardez en tête que la route peut fermer en cas de risque incendie.

Dans le massif des Maures, près de Collobrières, loin des grands sites monastiques du Nord, la Chartreuse de la Verne se découvre d’abord par la route et la forêt. Le site apparaît peu à peu, isolé, minéral, puis très vite habité par le silence. On vient pour son histoire, mais aussi pour son cadre et pour la présence d’une communauté monastique qui y vit encore.

Un monastère vivant dans le massif des Maures

La Chartreuse de la Verne, aussi appelée Chartreuse de La Verne ou Monastère Notre-Dame de Clémence, se trouve dans le Var, sur la commune de Collobrières. Son isolement fait partie de la visite. La forêt, les reliefs et l’accès en retrait donnent au lieu une atmosphère singulière, loin des monuments patrimoniaux plus urbains.

Chartreuse de la Verne dans la forêt du massif des Maures, vue extérieure du monastère
Chartreuse de la Verne dans la forêt du massif des Maures, vue extérieure du monastère

Il ne s’agit pas seulement d’une ancienne chartreuse ouverte au public. Le site reste un lieu de vie religieuse, occupé par une communauté monastique, comme dans d’autres abbayes encore vivantes. Cette présence change la manière de le parcourir. On ne traverse pas un décor figé, on entre dans un espace où cohabitent accueil des visiteurs, prière, silence et restauration du patrimoine.

Un nom, plusieurs repères

Selon les documents et les usages, plusieurs appellations circulent, comme Chartreuse de la Verne, Notre-Dame de la Verne ou Notre-Dame de Clémence. Elles désignent le même ensemble. Pour préparer une visite ou vérifier un itinéraire, le plus simple reste de retenir Collobrières, dans le massif des Maures.

De la fondation en 1170 à la restauration contemporaine

La fondation de la chartreuse remonte à 1170. Comme beaucoup de grands sites monastiques, son histoire est marquée par les destructions, les reconstructions, les périodes de fragilité puis l’abandon. Après 1792, dans le contexte de la Révolution française, le lieu est vendu comme bien national et entre dans une longue phase de dégradation.

Chartreuse de la Verne, cloître et architecture monastique restaurée
Chartreuse de la Verne, cloître et architecture monastique restaurée

La renaissance du site commence au XXe siècle. En 1961, l’association Les Amis de la Verne est créée pour soutenir sa sauvegarde. Les travaux de restauration avancent ensuite par étapes, redonnant forme aux murs, aux volumes et à la vocation du lieu. L’arrivée d’une communauté religieuse dans les années 1980 inscrit cette restauration dans une continuité vivante, et non dans une conservation muséale.

Plusieurs jalons aident à suivre cette reconstruction : 1968 marque le début d’une dynamique de restauration, 1983 et 1985 correspondent au retour progressif d’une présence monastique, tandis que l’église est dédiée en 2006. En 2013, l’installation d’ermitages troglodytes prolonge cette vocation de retrait et de prière.

Que voit-on pendant la visite ?

La visite est libre et autonome, avec un livret de visite remis à l’arrivée. C’est une formule simple pour avancer à son rythme, s’arrêter sur les détails architecturaux et comprendre l’organisation d’une chartreuse sans suivre un groupe. Le parcours permet d’approcher les espaces accessibles au public, dans le respect des zones réservées à la communauté.

La Charteuse De La Verne,dans le département du Var. Un …

Des espaces sobres, lisibles et restaurés

On vient ici pour la cohérence d’un ensemble monastique plus que pour une accumulation d’objets. La porterie, les volumes restaurés, certains anciens espaces de vie, les passages, les arcatures et l’église romane racontent une architecture pensée pour la séparation, le recueillement et la durée. La serpentine des Maures, pierre locale utilisée dans la restauration, donne aussi au site une identité très liée à son territoire.

Dans une chartreuse, l’architecture relie deux mondes. Les murs, les seuils, les couloirs et les cours ne servent pas seulement à circuler. Ils amortissent le bruit, filtrent les regards et organisent la distance entre vie intérieure et accueil extérieur. Lire le bâtiment de cette façon aide à comprendre pourquoi certains passages paraissent austères ou retenus : ils cherchent la juste séparation, pas l’effet.

Une visite à vivre lentement

Prévoyez du temps. La Chartreuse de la Verne se prête mal à une halte rapide entre deux étapes. Le cadre forestier, la marche d’approche et la sobriété des lieux invitent à ralentir. Même sans démarche spirituelle particulière, la visite garde une dimension contemplative : on écoute davantage, on parle moins fort, on regarde la lumière sur la pierre.

Accès, stationnement et précautions avant de partir

L’accès se fait par une route étroite et sinueuse, typique de ce secteur du massif des Maures. Il vaut mieux conduire prudemment, éviter les véhicules trop encombrants et vérifier les conditions d’accès en période estivale, car le risque d’incendie peut entraîner des restrictions dans les massifs varois.

Carte de la Chartreuse de la Verne à Collobrières
  • Le parking gratuit se situe au bout de la route d’accès.
  • Le nombre de places est limité, surtout aux périodes de forte fréquentation.
  • Depuis le parking, il faut compter environ 700 mètres à pied pour rejoindre le monastère.
  • L’accès est déconseillé aux véhicules de 3,5 tonnes.
  • Les autocars sont interdits, et les minibus doivent se renseigner ou réserver par téléphone.

La marche finale fait partie de la découverte, mais elle demande de bonnes chaussures, surtout par temps chaud ou après la pluie. Pour les personnes ayant des difficultés de mobilité, cette distance et la configuration du site doivent être anticipées avant le départ.

Horaires, tarifs et respect du silence

Les horaires de visite varient selon la saison et peuvent changer en fonction de la vie monastique. Il est donc recommandé de vérifier les informations actualisées avant de partir, notamment auprès du monastère ou de l’office de tourisme local. Le mardi revient souvent comme jour de fermeture, et le mois de janvier fait partie des périodes à surveiller.

Point pratique À retenir
Type de visite Visite libre et autonome avec livret de visite
Accès final Environ 700 mètres à pied depuis le parking
Véhicules Route étroite, autocars interdits, vigilance au-delà de 3,5 tonnes
Tarifs indicatifs Des tarifs autour de 7 €, 5 € ou 3 € existent selon les profils, avec gratuité possible pour les moins de 12 ans
Contact utile Le monastère peut être joint au 04 94 43 48 28 pour certaines informations pratiques

Le silence n’est pas une simple consigne de confort. Il protège la vie des sœurs de Bethléem et permet aux visiteurs de percevoir le lieu autrement. Parler doucement, rester dans les espaces autorisés, éviter les comportements bruyants et respecter les temps liturgiques font partie de la visite. C’est cette attention qui permet à la Chartreuse de la Verne de rester à la fois ouverte, habitée et singulière.

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